vendredi 20 novembre 2009

22.06.2009


Je suis rentrée en France.
Mon flacon de parfum s'est vidé dans mon sac, imbibant ma brosse à dents. Mon haleine sent les fleurs des champs.

Sur mon lit, cette carte postale avec une image de Banksy, une déclaration d'amour de Nicholas que je n'ai lu qu'une fois arrivée. Sinon ça aurait pu me tenter de rester sur l'île.

Ces derniers instants à Londres ont été fous.

Le vendredi j'ai été invitée à manger chez Mike et Anna. Elle a cuisiné un plat très anglais, un kedgeree; et avait acheté du fromage british. Je l'aime beaucoup; pas seulement car elle a donné mon numéro à Nick mais aussi car elle respire la bonté. Elle m'a invitée à revenir chez elle si j'avais besoin d'un hébergement à Londres, j'ai vraiment apprécié.

Le samedi je suis allée à East London passer mon TOEFL. Je n'étais pas prête, n'avais pas ouvert un bouquin mais on peut considérer que les neuf mois précédents passés en Angleterre étaient un bon entrainement. Je m'attendais à une fac high tech vu le nom : college of business et computing. Mais j'ai en fait atterri dans l'endroit le plus déprimant de Londres: tableaux horribles aux murs, moquette rouge défraîchie, fausse plante. Au début de l'exam, j'avais envie de partir et profiter de ma dernière journée libre à Londres. Mais non, je suis restée jusqu'à la fin, j'avais tout de même claqué 185 dollars...
Le soir, je suis allée chez Nicholas, on a commandé à manger indien et je me suis endormie, exténuée devant son film préféré (14 angry men). Le matin, je suis partie travailler.

Ce dimanche là, c'était mon dernier shift. Après le service, je suis restée boire avec mes collègues. Ils m'ont offert un livre de cuisine et un coussin avec l'union jack. J'ai été touchée. Contre toute attente, je n'ai pas pleuré.

Ce matin, je me suis levée à 9h. Nicholas a déclaré avoir une course à faire. Il n'est revenu que 2h après, alors que j'étais douchée, avais nettoyé ma chambre, fini de boucler mes valises. On a mangé des croissants, des mûres et bu du smoothie à la mangue. Il m'a ensuite offert son livre préféré: keep the aspidistra flying d'orwell. Puis le taxi est arrivé, il m'a accompagné. J'ai enregistré mes bagages. Puis il a pris une bière, une doom bar comme à son habitude; et moi un expresso.

J'ai volé.

Papa m'attendait.

A la maison, maman arrosait les fleurs. Elle avait cuisiné un civet de lièvre pour moi. On a bu l'apéritif. J'ai téléphoné à mamie. Regardé le film de ma soeur. Pensé à Nicholas. Défait mes valises. Me suis dit que ma vie était un gros bordel.

Photo: en hommage à Jono Cox, l'homme le plus déjanté du monde

mardi 23 juin 2009

23.06.2009



Je suis rentrée.

Fin de la saison 1.

Prochainement, tout ce qui n'a pas été révélé (ou presque).
Et l'épilogue.

Merci de votre fidélité. Aurevoir.

vendredi 19 juin 2009

19.06.2009


Alors voilà, on est vendredi, et tout le monde parle de mon départ. Dimanche c'est mon dernier jour au travail; le chef m'a demandé ce que je voulais manger pour mon « dernier repas ». Super, j'ai droit au même traitement de faveur que celui accordé aux condamnés à mort...Je déteste les dernières fois.

Je pense arriver à gérer les valises. Même si j'ai été prise d'une crise d'achat compulsifs vu le cours de l'euro et préfère faire mon shopping ici (trois jeans achetés en deux jours – par exemple). Puis je laisse la moitié de mes affaires chez Nicholas S. C'est pas comme si je partais pour toujours.

La comédie musicale du Roi Lion était bien. Même s'il y avait plein de chinois (le metteur en scène est asiatique). Un beau théâtre, de beaux costumes, et de la bonne glace double chocolat pendant l'entracte. En sortant, j'avais des chansons dans la tête et sautillais sur le trottoir telle une antilope.

Hakuna matata.

mercredi 17 juin 2009

17.06.2009



J'ai passé un bon week-end ensoleillé à faire découvrir Londres à Ophélie et Ludo. Ils ont tellement aimé que leur séjour a remis en question leur projet de déménager à Bruxelles. Je pense que ce qui est bien dans cette ville, c'est que grâce à la diversité qui l'habite, tout le monde peut y trouver sa place et s'y sentir chez soi (c'est bien là mon problème d'ailleurs).

Lundi il faisait presque beau et avec Sam je suis allée à la piscine. Puis bien sûr il a plu donc on est rentrés.

Sûrement le stress, la fatigue et l'appréhension de rentrer, je me sens mal. Hier j'ai fait un double service mais j'étais trop faible. (J'ai mal aux glandes salivaires)

Ce soir je vais voir la comédie musicale du Roi Lion; vendredi soir je suis invitée à un repas chez des amis. Je ne sais pas encore ce que je veux faire de mon dernier samedi soir (après le TOEFL...). Et dimanche soir c'est rassemblement au Earl Spencer pour un dernier verre.

Je vais commencer à faire mes bagages. Sachant que je ne pourrais pas tout emporter, je vais dans un premier temps prendre tout ce qui pourrait m'être potentiellement utile cet été.

On n'est que mercredi, c'est bizarre, j'ai l'impression que cette semaine n'en fini pas, comme si je voulais la faire durer plus longtemps.

vendredi 12 juin 2009

12.06.2009




Ce soir je vais à St Pancras Station récupérer Ophélie et son copain, ils viennent de Paris pour le week-end. Du coup, je ne travaille pas, c'est cool.

Hier j'ai enfin fini mes demandes de master. J'avoue que sur le dernier je me suis un peu lâchée: en plus de la lettre de motivation ils demandaient une réflexion (entre 3 et 5 pages) sur notre formation passée, nos projets futurs. En gros, j'ai cassé le système universitaire (pas complètement, surtout la méritocratie). Et j'ai conclu en citant Jean Claude Dusse : « Fonce, sur un malentendu ça peut marcher ».

Sinon, je suis allée manger un cheesecake à la crème brûlée au coffee shop de la mère à Yazmin. Elles ferment à la fin de la semaine et vont ouvrir une boutique de cadeaux.

Toujours pas envie de partir.

mardi 9 juin 2009

09.06.2009


Ce blog a été bien trop censuré.

Ce que je pense vraiment: en France tout le monde me dit « Rentre, rentre, tu nous manques! ».
A Londres, tout le monde me dit « Reste, reste, tu vas nous manquer! ».

Et moi je suis au milieu.

Ce qui pourrait faire pencher la balance en faveur du fait que je revienne en Angleterre (je ne suis pas encore partie et songe déjà au retour): l'absence de Sarkozy, la mentalité des gens, les opportunités de trouver un job, Nicholas S. (et je ne parle pas du Président).

(Désolée maman.)

lundi 8 juin 2009

08.06.2009



La soirée filles au Earl Spencer s'est bien passée, on s'en est encore sorties pour une modique somme, bénéficiant d'un discount spécial employés. Ma mort professionnelle est annoncée, marquée d'une astérisque rose sur le tableau du personnel à la date du 21. Le jour de l'été, je n'y avais pas songé.

Je sais aussi qu'une fille va récupérer ma chambre, une Française d'origine Algérienne.

Je sais tout ça mais ne réalise pas vraiment que je pars. J'ai le sentiment que je prends juste des vacances.

Vendredi soir, on a remis ça avec les filles du pub, nous sommes allées clubber ensemble. Autant dire que je profite des nuits londoniennes.

Ce week-end, Ophélie, une copine qui est à Paris, et son copain viennent à Londres. Dernière fois que je joue les guides.

Toujours dans les dossiers d'inscription pour la fac, ça me semble interminable et je n'ai même plus envie de m'appliquer à écrire des lettres de motivations convaincantes.

La date du TOEFL approche. J'ai été plus studieuse que ça dans ma vie.

J'ai hâte de revoir tout le monde, mais en même temps je ne suis pas sûre de vouloir quitter ce que j'ai construit ici. J'ai le sentiment que je vais rentrer, que rien n'aura bougé en France, que je retrouverai ma chambre dans le même état, les gens qui auront fait des choses intéressantes (ou pas) ces six derniers mois mais seront les mêmes.

Le cul entre deux chaises. Je me demande comment on dit ça en anglais...

mardi 2 juin 2009

02.06.2009


Hier soir avec Delphine on a fait des crêpes. La tout nappé de sirop d'érable que j'ai ramené du Canada. Et en buvant du champagne détourné au Earl Spencer.

Demain soir, j'ai un repas prévu au pub avec des filles avec qui je travaille. Je passe bien assez de temps au pub mais c'est vrai qu'être client est aussi des fois agréable. Du coup, j'ai voulu envoyer un sms à une de mes managers pour l'inviter. Sauf que j'ai reçu en retour un texto signé J. (et ma manager s'appelle Anna). J'ai compris trop tard mon erreur: j'ai en fait invité mon boss Jono à dîner dans son propre pub. Une fois, Anna m'avait appelée avec le portable du boss donc j'ai pensé que c'était son numéro. Heureusement, demain Jono a des invités et il ne se joindra pas à nous. Par politesse je n'ose pas lui avouer que l'invitation ne lui était pas destinée...

Il fait toujours aussi beau. Après le travail je suis allée m'allonger sur l'herbe du parc. Une mère polonaise apprenais à sa fille à sauter à la corde. Je me suis dit que le vélo lui serait une chose plus utile. Je me suis aussi dit que je me souviendrai comment on dit « saute » en polonais. Mais j'ai oublié.

Pendant ce temps, je commençais à lire « Errances » de Raymond Depardon; un livre avec ses photos et dans lequel il raconte non pas ses voyages ni ses balades mais ses errances.
« L'errance est une espèce de quête du lieu acceptable, une quête aussi de ces zones intermédiaires, avec toujours cette même question: qu'est-ce que je fais là? ». C'est vrai que je me suis moi aussi par le passé plusieurs fois demandée ce que je faisais à Londres, je n'étais pas en voyage, ne me promenais pas. Maintenant, je n'erre plus ici. Je dois partir et pourtant Londres est un lieu plus qu'acceptable. Ma deuxième ville.

lundi 1 juin 2009

01.06.2009


Plus que trois semaines ici, alors j'en profite au maximum.

Il fait beau. J'ai un coup de soleil. Qui l'eût cru?

Dans les parcs, les cours de tennis sont bondés et les vieux retraités jouent au bowling sur gazon.

Je prépare mes dossiers d'inscription pour la fac. C'est laborieux. Je me surprend à détester l'administration française alors que dans la plupart des intitulés des masters que je demande il y a le mot « administration » ou « politique publique ».

Dernièrement, j'ai été à un barbecue chez Justin, un des chefs du Earl Spencer. Et à un festival sur l'Espagne où j'ai bu de la fausse sangria.

Voilà.

mardi 26 mai 2009

26.05.2009


Toujours la même équation: + de vie sociale = - d'actualisation de blog.

Ca y est, la reprise fût dure mais je suis dans le bain.

Mon dernier mois ici. J'ai réservé un vol pour le 22 juin. Le compte à rebours est lancé.

Bizarrement, je n'ai jamais autant apprécié ma vie londonienne que maintenant. Et j'ai aussi pris conscience de mon attachement pour la ville en partant au Canada et me rendant compte que mon quotidien me manquait.

Avec le semblant de soleil dont on dispose ici, je suis malgré tout invitée à 3 barbecues par semaine. Il faut tenir le rythme.

Aujourd'hui, Jono m'a offert une tasse "employee of the month". Lui, prétend être le boss du mois. Il a détourné le sirop d'érable que j'avais ramené pour tout le monde. Résultat, on a eu des pancankes au miel ce dimanche. Plutôt décevant.
Charlie, agit à l'image de son maître. En bon cleptomane, il a l'autre jour dérobé l'os du chien d'un client.

mardi 19 mai 2009

19.05.2009


Là-bas j'étais une touriste. Et en rentrant à Londres, je me dis que je me sens comme chez moi.

J'ai visité: Montréal, Québec et New York.

Rien qui ne laissait penser à l'épidémie de grippe - si ce n'est 2 japonais avec des masques - et cette brochure qu'on a reçu ici pour éviter la propagation...

Retour au réel: ce matin je devais travailler - problème de communication.

J'ai envie de regarder plein de séries américaines.

Photo: jardin botanique de Montréal, en mode je suis une touriste.

dimanche 3 mai 2009

03.05.2009


Je suis en vacaaances!

Je n'ai pas eu de vraies vacances depuis Noel. Et tout le monde sait qu'à Noel, on ne fait rien de bien productif, ni palpitant (l'activité la plus extrême étant ouvrir les huîtres).

Demain je m'envole au Canada. Enfin...
Je n'arrive pas à boucler ma valise, je veux emporter trop de trucs. Mais en même temps, je me dit, voyager léger serait une excuse pour faire du shopping.

Aujourd'hui, c'était skirt day: autrement dit, toutes les filles du Earl Spencer portaient une jupe.

Peut-être quelques signes de vie quand je serai de l'autre côté de l'Atlantique. On verra.

jeudi 30 avril 2009

30.04.2009


Dernière publication d'avril. Je suis prête à affronter le mois de mai.

J'entretiens la vive conviction que les trois brins de muguets séchés du jardin que ma mère m'a expédiée me protègeront de la grippe porcine durant mon voyage au Canada. Concernant le nombre de cas décelés, suspects ou je ne sais quoi, encore un fois la France montre son talent en ce qui concerne la falsification des chiffres (après ceux du chômage par exemple).

En ce moment je me souviens de mes rêves, ce qui ne m'arrive pas souvent. Je rêve en anglais, et à chaque fois j'insulte des gens (en français). C'est quoi mon problème? Ca doit me manquer de ne pas dire « putain » à chaque fin de phrase.

Jono m'a offert un stylo magique qui s'efface.

Les cafards de l'appart sont morts.

*Sur la photo, c'est Ben Frost.

mardi 28 avril 2009

28.04.2009


Bon, comme d'habitude, à chaque fois que je dois voyager, y a un soucis. J'ai déjà survécu aux bombes thaïlandaises alors c'est pas une petite grippe qui va me faire peur.

Aaah, le pouvoir des médias. C'est vrai que le mot « virus mutant » est assez flippant. On appelle ça de la prévention, il paraît. Moi je crois que ça ne fait pourtant qu'augmenter la psychose. Et je préfère à la rigueur qu'on me parle de Carla et l'autre princesse espagnole qui porte la robe de je ne sais plus quel créateur.

Dans le Monde on lit:

(les commentaires en italiques sont mes propres réflexions)

« Quels sont les pays les plus armés pour résister à ce genre d'épidémie ?
Les plus avancés sont les Chinois (imaginez le pouvoir de cette phrase hors de son contexte, ça ferait bien mal à l'occident de le reconnaître). Pour juguler (je jugule, tu jugules? Ça existe?)l'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), ils ont construit un hôpital doté de 600 lits à l'isolement et développé des services pour la prise en charge des malades contagieux (ah oui, c'est bien les plus avancés alors. Faut croire qu'ils avaient tout prévu voire sont à l'origine d'une conspiration. Tout ça pour être les maîtres du monde dans de plus brefs délais). En Italie, il y a deux hôpitaux avec des dispositions similaires (bouh la honte! Que deux!). En France, nous ne sommes mêmes pas capables d'enrayer des épidémies comme la gastro-entérite et la grippe traditionnelle (même pas capables! Vous imaginez! Une nation de notre rang! Derrière les Chinois et les ritales...). »

Bref.

Si à mon retour on me met en quarantaine, ça me fera des vacances supplémentaires.

Je crois qu'on ne regarde pas dans la bonne direction.
Le danger, le vrai, vient d'ailleurs.

*Photo d'un invader mutant repéré à Notting hill.

lundi 27 avril 2009

27.04.2009


La délation. C'est moche. Pourtant, dans le métro londonien, des posters géants font la promotion de la nouvelle « anti-terrorist hotline ». Rien de plus naturel, une suggestion glissée comme ça, entre une pub pour le chocolat au lait (mais light) et des vols easyjet pour Malaga à partir de 56£.

Il y a bien les hallucinations collectives. Alors pourquoi pas la paranoïa collective. Je prescris une thérapie de groupe.

En parlant de terroristes, le lien est vite fait avec mon pote Sam, Palestinien. On a pris un dernier verre ensemble. Il rentre à Gaza. C'est triste, tous les gens que j'aime bien partent de Londres...Du coup, je suis allée trainer vers Brick Lane et j'ai noté un détail. Tout comme à Toulouse les noms des rues sont traduits en occitan, les panneaux de Brick Lane sont aussi en Indien (j'ai d'abord cru que c'était du Thaï mais vu le nombre de mecs qui veulent te vendre du curry, c'est sûr, c'est de l'indien).

*Photo hors de propos, comme d'habitude. D'une mouche qui jouait du piano debout. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup.

dimanche 26 avril 2009

26.04.2009


Des fois, les profs de philo sont cons. Ils donnent des dissertations à leurs élèves du type : « l'art est il utile? ». Et les gamins d'en conclure que NON.

Du coup, ma soeur qui voulait étudier l'histoire de l'art remet son avenir universitaire en question. « J'ai envie d'être utile ». Du coup, elle pense s'investir dans la protection de l'environnement, passer son permis de conduire, et faire du couchsurfing dans des fermes (ou un truc du genre).

C'est pas facile d'avoir 17 ans.

Encore moins d'en avoir 22, des fois. On a de moins en moins droit à l'erreur niveau « orientation ».

Puis il y a ces lettres de motivation que je dois rédiger pour mes dossiers de master. Comment se mettre en avant sans mentir? J'ai toujours eu envie de leur écrire :

« Très cher professeurs, moi aussi j'ai envie d'être utile. Acceptez moi dans votre master. J'ai tous les diplômes qu'il faut, et des mentions aussi. Je parle français, pas trop mal anglais, et je peux aisément améliorer mon espagnol.

Bien entendu, je n'ai aucune expérience dans le domaine qui m'intéresse mais comprenez moi. Vous aussi, qui n'êtes jamais sorti de l'université, qui êtes simplement passés du statut de l'auditeur à l'orateur, que connaissez vous du monde du travail? Je vous comprend, ce n'est pas facile d'être un intellectuel tous les jours. Alors tentez de me comprendre à votre tour.

Je n'ai plus foi en la méritocratie, et ne suis pas sûre que votre diplôme m'aidera à trouver un vrai boulot, devenir riche et utile. Mais ça peut toujours aider. En espérant que vous aurez apprécié ma franchise (même si ce n'est pas la principale qualité requise en matière de science politique). 
Ci-joint mon CV qui dit aussi la vérité (ne vous focalisez pas sur la photo, je ne suis pas qu'un physique).»

Je suis sûre que cette candidature retiendrait leur attention.

samedi 25 avril 2009

25.04.2009


Visite de Cambridge.

Je suis partie de King's Cross Station. Non pas sur le quai 9 ¾ qui mène au lycée Poudlard mais d'un quai quelconque. On a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.

Au moins, on avait presque la chance de notre côté, le temps n'était pas trop pourri (après la pluie, le beau temps. Enfin une maxime qui dit la vérité) et Séverine avait même sorti ses nu pieds. Moi, prudente, j'avais mon parapluie.

Je m'attendais à trouver une ville peuplée de l'élite du monde. Et bizarrement, j'imaginais l'étudiant lambda de Cambridge comme un geek à lunettes, un peu autiste sur les bords (si on ne l'est pas, on le devient vite après de longues heures passées dans la pénombre d'une bibliothèque). En réalité, la future élite du monde est tout ce qu'il y a de plus banal.

J'ai même vu des diplômés qui fêtaient ça, avec le costume qui va avec, les parents fiers de leur progéniture. Et la photo sur le gazon trop vert pour être vrai. Tout ça pour dire que Cambridge, c'est rock'n roll: une fois le diplôme en poche, on ne respecte plus les règles, on ignore les panneaux « pelouse interdite » pour aller prendre la pose en compagnie de papa-maman.

Etudier à Cambridge, ça doit être une expérience.

Nous nous sommes contentées de visiter quelques collèges. En particulier, King's collège et St John's. Je ne me lasse pas de l'architecture gothique anglaise.

Entre les parcs, les collèges et les églises de la ville, serpente un fleuve. Le canotage constitue une des attractions majeures. Ce n'était pas des gondoles, mais on se serait presque crues à Venise. Et the bridge of sighs ressemble étrangement au pont des soupirs (version ritale).

J'ai vraiment aimé découvrir ce que peut être une ville-campus anglaise. Les ruelles, les marchés, la nature presque sauvage, tout semble teinté de ce charme provincial qui manque à Londres. On deviendrait presque débile à force de vivre en ville, et tel le parisien qui s'émerveille au salon de l'agriculture, la vue de champs et de chevaux depuis le train vous rend simplement heureux.

*Hier:

Un client du pub m'a donné une pièce canadienne par erreur. Une pièce de 25 cents qui ressemble aux 10 centimes de pounds. Sauf que dessus, le portrait d'un caribou remplace celui de la reine...

J'ai découvert que les anglais avaient leur sangria. On appelle ça un « dressed pimm's ». La recette: Pimm's (alcool traitre qui ne semble pas alcoolisé), limonade, menthe fraîche et tous les fruits frais qu'on peut trouver (concombre inclus). Le pimm's se boit tellement facilement dès les premiers rayons de soleil qu'on ne compte pas une pinte par personne mais un pichet (véridique).

jeudi 23 avril 2009

23.04.2009


J'ai enfin eu l'explication à cette intrusion policière dans notre appartement. Les flics cherchaient en fait Ijazz mon ex coloc Pakistanais. Visiblement, l'asile politique lui aurait été refusé (ce qui m'étonne sachant qu'il est issu d'une minorité qui se fait massacrer) mais j'imagine qu'il a mal du remplir le formulaire.

Bref, Ijazz est désormais recherché. Il a un faux passeport Suèdois (pourquoi pas, même s'il n'a pas vraiment le physique qui va avec). Et il a présenté cette fausse pièce d'identité au job center (équivalent de l'ANPE). Il s'est jeté dans la gueule du loup en somme.

Sinon, samedi je visite Cambridge. Ce fût difficile de se décider, y a tellement d'endroits à découvrir...

En face de ma fenêtre, les préfabriqués moches et inhabités ont été reconvertis depuis peu en garage pakistanais. Les tas de pneus, c'est idyllique comme vue

mercredi 22 avril 2009

22.04.2009


Il fait beau et je suis enfin allée me poser dans l'herbe du parc d'à côté. Ce n'était pas arrivé depuis des mois; depuis octobre en fait. Les oiseaux chantent, les écureuils gambadent et des mecs au torse laiteux jouent au rugby.

J'ai acheté mon guide touristique pour le Canada et vais pouvoir commencer à me mettre dans l'ambiance. Je pense que là-bas je vais être la reine du pétrole vu le taux de change: 1£ = 1.8$ canadien.

Ce matin j'ai vu un couple de vieux qui prenaient un café en terrasse avec leur animal de compagnie atypique: un perroquet. Je me suis dit que vu l'espérance de vie de ces oiseaux, il s'agissait d'un bon choix pour tous les frustrés affectifs.

J'ai imprimé plein de dossiers d'inscription à des master. Je déteste remplir les formulaires. Ils demandent tous une réponse accompagnée de pièces jointes telles que des enveloppes de tailles différentes. Sauf que les formats qu'ils veulent n'existent même pas en Angleterre. Et je suis sûre qu'une enveloppe au format non règlementaire est un motif suffisant à recaler un candidat.

Heureusement, j'ai une tablette de 230g de chocolat, vendue à moins de 2£.

mardi 21 avril 2009

21.04.2009


Hier soir je n'arrivais pas à dormir alors je me suis relue et j'ai trouvé cette vieille pensée à propos de mon blog : « Il faudra que j'écrive un article sur l'immigration polonaise en Angleterre. Et je sais de quoi je parle, il y a du ketchup Pulitzky dans le frigo ».

Ce devait être un peu prémonitoire, cette histoire d'immigration.

Parce qu'à 5h50 (du mat') j'ai été réveillée par quelqu'un qui frappait à la porte de l'appartement. Vu l'heure, je me suis dit que mes colocs devaient dormir à poings fermés et ne seraient pas descendus acheter quelque chose en oubliant leurs clés. Le bruit se faisant insistant, je suis sortie de ma chambre. Et là, je savais qu'il fallait que je sois percutante.

Alors j'ai demandé « Yes??? ».

Les coups ont cessé mais personne n'a répondu. Du coup, je suis allée me recoucher pensant que ce devait être un gars bourré qui n'avait rien d'autre à faire. Une fois dans mon lit, les coups ont repris de plus belle. Je commençais à me dire qu'en fait, de l'autre côté ce devait être un psychopathe. J'ai fermé la porte de ma chambre à clé.

Finalement, Sam s'est levé.

C'était les flics.

Sur le coup, c'était tellement surréaliste de les voir débarquer là que j'avais l'impression d'être dans un rêve absurde. Du coup,mes souvenirs sont assez troubles. Quatre flics je crois, dont une femme.
Ils m'ont demandé si je vivais seule dans cette chambre, d'où je venais et mon passeport.

« Quelqu'un » les avait informés que « quelqu'un » n'ayant pas de papiers en règles vivait sous notre toit. Je ne sais pas qui sont ces quelques uns.

Après avoir réveillé toute la maisonnée et contrôlées nos pièces d'identités, ils sont partis. Moi j'ai fermé ma porte après le « sorry love » de l'officier.

De retour dans mon lit, j'ai réalisé que ça c'était vraiment passé et me suis dit que ces keufs là étaient vraiment nourris à la série américaine pour mener de telles interventions pour rien. Je ne sais même pas si c'est légal de rentrer chez les gens comme ça. La prochaine fois je leur demanderai leur mandat de perquisition.

Avant de tomber dans mon sommeil, je me suis dit que cette histoire était folle. Et j'ai compris ce que voulait dire « Etat policier ».

Sinon, la soirée au Earl Spencer était bien.

En cas d'urgence, appelez le 999.

*PS: expo à voir pour ceux qui sont à Paris.