jeudi 12 février 2009

12.02.2009


Je suis en mode voyage. Il me tarde ce week-end, notre road trip entre filles vers Stonehenge (site que Paul qui travaille avec moi a décrit comme étant « juste des grosses pierres sur de l'herbe verte »). Mais j'aime les choses simples et épurées de toutes façons. Less is more.

J'ai aussi réservé des billets pour le Canada, je vais donc voir Alice à Montréal en mai pendant 15 jours. Et si le timing et l'argent le permettent, il se pourrait bien qu'on aille à NYC. Je suis déjà impatiente!

Je ne travaille pas aujourd'hui. Ce soir je sors avec Yasmine que j'ai rencontré au pub. On va vers Liverpool Street, un quartier d'East London plein d'endroits pour sortir. Parce que c'est là-bas que ça se passe

*Plus tard dans la journée: Il faudra m'expliquer quelle logique anime ce pays. Ce matin il faisait un soleil radieux et là, je me suis retrouvée sous une tempête de neige...C'est pas le moment. Quoi que, Stonehenge enneigé peut avoir son cachet.

Autre exemple de l'illogisme britannique: la vente d'alcool et cigarettes est interdite aux moins de 18 ans. Mais si vous avez l'air d'être âgé de moins de 21 ans on peut vous demander une pièce d'identité (des cartels vous préviennent de ce genre de mesure).

Autres faits importants de la journée: j'ai gouté de la glace au Bailey's et vu un enfant tenu en laisse dans la rue par des parents qui ressemblaient étrangement au prince Charles et sa Camilla.

mardi 10 février 2009

11.02.2009


Ce soir j'ai vécu une expérience sociologique à part entière.

Je me serais crue plongée, le temps d'une soirée, dans l'univers de six feet under. Où des personnages décalés dédramatisent la mort. En effet, j'ai été surprise: d'ordinaire, la salle privée du pub est réservée pour des évènements du type anniversaires, fiançailles et autres fêtes plus niaises les unes que les autres. Mais ce soir c'était un « wake », une sorte de veillée funèbre que je qualifierais plus d'apéro post-enterrement.

Alors qu'en France on se retrouve pour boire un thé camomille à l'aspartame, ici, c'est un autre régime. Un autel avec des photos du défunt, la cinquantaine, que le cancer de je ne sais quoi a emporté. Et une veuve en manteau rouge. Environ un quart de coiffeurs gays, allez savoir pourquoi. Et vêtus de tee-shirt flashys et chemises à fleurs de mauvais goût. Code vestimentaire: pas de noir. Car en plus de boire du champagne à la santé de feu Peter, c'est carnaval.
On rit, plus d'une bouteille par personne. Petit discours, IL jouait au criquet, a bien profité de la vie ce Peter, il s'est marié trois fois! Bizarre de faire la fête à outrance après un enterrement, il y a des choses qui m'échappent dans cette culture. C'est une île après tout.

La fête s'est terminée avec une veuve qui s'est finalement avérée éplorée, sanglotant dans les bras d'un vieux qui ne marchait plus droit et pleurait lui aussi toutes les larmes de son corps. Et quelques coiffeurs gays autour. Les Anglais sont vraiment des gens de nature excessive.

Pires que des pleureuses Siciliennes.

dimanche 8 février 2009

08.02.2009


Dimanche matin. J'aime bien.

Sous notre toit, nous avons un nouveau venu: Sam, le cuisinier du Petit Normand. Un français de plus. Après les Pakistanais et leur non sens de l'hygiène, j'avoue que le Français reste désormais pour moi une valeur sûre en matière de propreté (et cela malgré tous les clichés et notre réputation internationale de crados).

Hier j'ai travaillé avec Kasia au Earl Spencer. Nous étions dans la function room, soit la salle privée. Une fois de plus, elle a prouvé qu'elle n'était qu'une bonne à rien. Aucun sens de l'initiative (ou alors au mauvais moment: quelle idée de vouloir servir du vin rouge avec le dessert?), et cette flemme qui lui colle au corps...J'espère qu'ils ne vont pas l'embaucher, et je pense qu'ils ne le feront pas car en toute objectivité elle n'est pas d'une grande aide. Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire d'elle?

La fin de semaine prochaine s'annonce rude: le samedi midi je travaille au pub, le soir je travaille pour le restaurant français. C'est la saint Valentin et les gens trouvent extrêmement romantique de dîner aux chandelles en dégustant des escargots. Le dimanche matin, encore travail au pub...Heureusement, les deux jours suivants seront consacrés au road trip entre filles direction la campagne!

Sinon, j'ai bien réfléchi afin de cerner la psychologie des Français. Depuis que je vis ici, les histoires de grève et tempêtes ne me concernent plus directement. Mais j'en suis arrivée à me dire que si nous avions élus Sarkozy c'est bien pour trouver des prétextes (ses réformes, ses « plans » soit disant miraculeux – proche du toucher des écrouelles) afin de faire grève. Je crois qu'on aime bien ça, c'est toute une culture. Et j'avoue que même s'il n'y a pas de trains, que la fac est fermée, je trouve que ça recrée des liens sociaux et assure la cohésion de la nation.

Je me rends aussi compte, que le système français, soit disant trop complexe, cette administration qu'on critique, sont aussi là pour nous protéger. Avant hier, mon manager a viré une des filles qui travaillait au pub depuis deux ans. Je savais qu'il voulait épurer le pub d'employés travaillant à mi-temps. Mais bon, il a trouvé un prétexte (le fait qu'elle pose une question relative à sa paye) pour la virer à la fin du service. Et lui dire qu'elle était trop précieuse pour cet endroit, trop fainéante et j'en passe. Concluant par « je suis manager, c'est moi qui décide ». Ok, ce sont les règles du jeu ici, on peut perdre son boulot aussi vite qu'on en retrouve un autre mais bon...même un CDD vous offre une plus grande assurance.

Plus de neige. Je peux marcher d'un bon pas sur les trottoirs. Ca fait plaisir.

NB: à tous les gens qui me laissent des commentaires (ça arrive pas assez souvent à mon goût), il serait judicieux de remplacer "anonyme" par votre prénom ou un indice sur votre identité. J'ai pas encore des dons de voyance...

jeudi 5 février 2009

05.02.09


Encore quelques traces de la tombée de la neige. Ma vie a repris son cours.

Cours, travail, actions charitables et sorties. Hier soir, Suzanne, qui travaille avec moi, fêtait son anniversaire au pub. Pour l'occasion, le cuisinier Justin avait préparé un porcelet rôti entier avec pomme dans la bouche. La totale. Ensuite, avec Yazmine, autre collègue, nous sommes allées clubber dans le centre jusqu'à 3h du matin. Je suis rentrée sous la pluie, dans un night bus rempli de gens somnolant.

mardi 3 février 2009

03.02.2009


Finalement hier était une journée hors du temps. Les écoles fermées, pas de bus, ni de train, ni métro ni d'avions qui décollent. Il paraît que les pubs étaient remplis, rien d'autre à faire que se réchauffer en buvant...

Avec Delphine et Kasia on est allées au parc faire des photos et se battre avec la neige...

Aujourd'hui, c'est la fonte des glaciers.

lundi 2 février 2009

02.02.2009


Février déjà, et Londres dans tous ses états. Nous sommes passés en mode neige.
C'est la première fois que je vois une ville enneigée. A Toulouse, les flocons se transforment immédiatement en boue glacée sur les trottoirs. Ici, je regarde les flocons tomber depuis ma fenêtre. Et je n'ai pas fermé les stores pour une fois, sous la neige tout semble plus beau.

J'ai un test aujourd'hui en cours d'anglais, et je ne sais même pas si le collège est ouvert. Sont-ils ici du genre à déclencher des plans d'alertes comme nous le faisons et s'arrêter de vivre? Fermer les écoles, ranger les voitures au garage, rester chez soi en cas de tempête... C'est vrai que le temps semble suspendu. Le bus avance lentement dans le froid mais qu'importe, on redécouvre le paysage devant lequel on est passé cent fois...

Ce n'est pas encore New-York mais il a neigé toute la nuit. D'après les prévisions météo, nous aurions ce temps jusqu'à demain...Ca me rappelle « Un roi sans divertissement ».

Hier soir, sous la neige, brave petite que je suis, je suis allée nourrir les SDF. Je préfère dire homeless maintenant, je trouve le terme mois cache misère. Sous la neige, avec des étudiants embarqués dans un van (ils s'est avéré qu'en fait ils parlaient tous un français courant vu qu'ils sont à la fac à South Kensington, quartier français) on a redistribué les invendus d'une sandwicherie et des boissons chaudes. C'était surréaliste et magique grâce à la neige; ultra-réaliste et triste en même temps de voir tout ces gens qui n'ont rien. J'ai rencontré Mickael, à mon avis son vrai nom est plutôt Mohammed, homeless qui parlait français. A Londres, on voit rarement dans les rues des gens en train de mendier, jamais dans le métro (à mon avis ils se font rapidement repérer par les caméras de cctv et virer).

Samedi soir, Kasia a fait un essai au Earl Spencer. Visiblement mon manager a jugé quelle devait encore faire ses preuves et manquait de sens de l'initiative. J'espère qu'ils ne vont pas lui donner un plein temps (visiblement non), la voir en permanence ne m'enchante pas vraiment.
Après le travail, on a bu un verre tous ensemble comme nous avons l'habitude de la faire. J'ai eu honte pour Kasia, elle est vraiment niaise des fois. Alors qu'un chanson de Britney Spears passait à la radio elle s'est écriée « Oh Britney! » et mise à chantonner, battre le rythme avec ses mains sur le bar. Aussi, elle pense vraiment que tout lui est du et que les hommes doivent servir les femmes: elle a pris une cigarette dans le paquet à mon collègue Ed qu'elle connait à peine, sans demander ni dire merci, sous prétexte qu'elle en avait besoin. Elle a surtout besoin d'être rééduquée.

La neige tombe toujours. Je pense que je vais me motiver pour sortir et faire quelques photos.
« Un roi sans divertissement est un homme plein de misère ».

jeudi 29 janvier 2009

30.01.2009


Le boss est de retour, the Jono's show must go on. Cet alcoolique artiste raté m'a manqué, même s'il ne s'est absenté que quelques jours, le pub est triste sans lui. Plus d'actes décalés, plus personne ne ma demande des cafés macchiato, ne dessine sur le tableau noir; plus la présence du chien Charlie qui trottine sur le vieux parquet...Les enfants manquent aussi cruellement à ce pub. Plus que quelques dessins sur les murs. Ils sont de l'autre côté de l'Atlantique maintenant. Pourtant leur père semble tenir le coup. Je crois que prendre l'air au pays de Galles lui a fait du bien.

Par contre, il a le don de trouver des colocataires bizarres. Le nouveau est un builder chauve. Si j'avais du mal à comprendre Peter, l'ex colocataire scottish, désormais c'est pire...Il m'a fallut du temps avant de comprendre que le nouveau venu était bègue...
Néanmoins, il semble être dans le même genre de délire que Jono. Ce soir ils ont fait un battle de hip-hop (après la fermeture) sur du Eminem...Y a du niveau.

Que des fous. Une de plus, qui se distingue par son physique agréable: Jessica. Elle est plus ou moins l'ex copine d'Ed (qui travaille avec moi). Ce dernier, s'est rendu compte dès le premier RDV avec cette fille que quelque chose ne tournait pas rond chez elle. Malheureusement, Jessica n'est pas de celles qui vous oublient et elle ne s'est pas encore trouvée une autre victime. En attendant, elle vient au pub pour voir Ed (qui ne veut pas la voir). Elle est parait-il hystérique, c'en a bien l'air...Je l'ai vu ajouter de l'eau dans sa bière, tout ça afin d'en augmenter le niveau et trouver un prétexte (boire) pour rester plus longtemps au pub.

Sinon, j'ai changé de niveau au cours d'anglais. Je suis avec les « bons ».

Ce matin en ouvrant mes stores, la première « chose » que j'ai vue: un Pakistanais sur le toit. Pas trop tôt, ils ont nettoyé tout ce qu'ils avaient laissé traîné avec naturel et désinvolture sur leur toit terrasse...Du coup, je suis moi aussi partie en excursion sur notre propre toit. J'y ai trouvé: une poubelle remplie de bouteilles vides, des pneus, des os de poulet (ou humains???), un sapin de noël artificiel, des morceaux de moto rouge, des pots de fleur, des mégots. Traces du passage de tous les porcs qui ont pu habiter dans cet appartement...

Dans quel monde je vis?