jeudi 30 avril 2009

30.04.2009


Dernière publication d'avril. Je suis prête à affronter le mois de mai.

J'entretiens la vive conviction que les trois brins de muguets séchés du jardin que ma mère m'a expédiée me protègeront de la grippe porcine durant mon voyage au Canada. Concernant le nombre de cas décelés, suspects ou je ne sais quoi, encore un fois la France montre son talent en ce qui concerne la falsification des chiffres (après ceux du chômage par exemple).

En ce moment je me souviens de mes rêves, ce qui ne m'arrive pas souvent. Je rêve en anglais, et à chaque fois j'insulte des gens (en français). C'est quoi mon problème? Ca doit me manquer de ne pas dire « putain » à chaque fin de phrase.

Jono m'a offert un stylo magique qui s'efface.

Les cafards de l'appart sont morts.

*Sur la photo, c'est Ben Frost.

mardi 28 avril 2009

28.04.2009


Bon, comme d'habitude, à chaque fois que je dois voyager, y a un soucis. J'ai déjà survécu aux bombes thaïlandaises alors c'est pas une petite grippe qui va me faire peur.

Aaah, le pouvoir des médias. C'est vrai que le mot « virus mutant » est assez flippant. On appelle ça de la prévention, il paraît. Moi je crois que ça ne fait pourtant qu'augmenter la psychose. Et je préfère à la rigueur qu'on me parle de Carla et l'autre princesse espagnole qui porte la robe de je ne sais plus quel créateur.

Dans le Monde on lit:

(les commentaires en italiques sont mes propres réflexions)

« Quels sont les pays les plus armés pour résister à ce genre d'épidémie ?
Les plus avancés sont les Chinois (imaginez le pouvoir de cette phrase hors de son contexte, ça ferait bien mal à l'occident de le reconnaître). Pour juguler (je jugule, tu jugules? Ça existe?)l'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), ils ont construit un hôpital doté de 600 lits à l'isolement et développé des services pour la prise en charge des malades contagieux (ah oui, c'est bien les plus avancés alors. Faut croire qu'ils avaient tout prévu voire sont à l'origine d'une conspiration. Tout ça pour être les maîtres du monde dans de plus brefs délais). En Italie, il y a deux hôpitaux avec des dispositions similaires (bouh la honte! Que deux!). En France, nous ne sommes mêmes pas capables d'enrayer des épidémies comme la gastro-entérite et la grippe traditionnelle (même pas capables! Vous imaginez! Une nation de notre rang! Derrière les Chinois et les ritales...). »

Bref.

Si à mon retour on me met en quarantaine, ça me fera des vacances supplémentaires.

Je crois qu'on ne regarde pas dans la bonne direction.
Le danger, le vrai, vient d'ailleurs.

*Photo d'un invader mutant repéré à Notting hill.

lundi 27 avril 2009

27.04.2009


La délation. C'est moche. Pourtant, dans le métro londonien, des posters géants font la promotion de la nouvelle « anti-terrorist hotline ». Rien de plus naturel, une suggestion glissée comme ça, entre une pub pour le chocolat au lait (mais light) et des vols easyjet pour Malaga à partir de 56£.

Il y a bien les hallucinations collectives. Alors pourquoi pas la paranoïa collective. Je prescris une thérapie de groupe.

En parlant de terroristes, le lien est vite fait avec mon pote Sam, Palestinien. On a pris un dernier verre ensemble. Il rentre à Gaza. C'est triste, tous les gens que j'aime bien partent de Londres...Du coup, je suis allée trainer vers Brick Lane et j'ai noté un détail. Tout comme à Toulouse les noms des rues sont traduits en occitan, les panneaux de Brick Lane sont aussi en Indien (j'ai d'abord cru que c'était du Thaï mais vu le nombre de mecs qui veulent te vendre du curry, c'est sûr, c'est de l'indien).

*Photo hors de propos, comme d'habitude. D'une mouche qui jouait du piano debout. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup.

dimanche 26 avril 2009

26.04.2009


Des fois, les profs de philo sont cons. Ils donnent des dissertations à leurs élèves du type : « l'art est il utile? ». Et les gamins d'en conclure que NON.

Du coup, ma soeur qui voulait étudier l'histoire de l'art remet son avenir universitaire en question. « J'ai envie d'être utile ». Du coup, elle pense s'investir dans la protection de l'environnement, passer son permis de conduire, et faire du couchsurfing dans des fermes (ou un truc du genre).

C'est pas facile d'avoir 17 ans.

Encore moins d'en avoir 22, des fois. On a de moins en moins droit à l'erreur niveau « orientation ».

Puis il y a ces lettres de motivation que je dois rédiger pour mes dossiers de master. Comment se mettre en avant sans mentir? J'ai toujours eu envie de leur écrire :

« Très cher professeurs, moi aussi j'ai envie d'être utile. Acceptez moi dans votre master. J'ai tous les diplômes qu'il faut, et des mentions aussi. Je parle français, pas trop mal anglais, et je peux aisément améliorer mon espagnol.

Bien entendu, je n'ai aucune expérience dans le domaine qui m'intéresse mais comprenez moi. Vous aussi, qui n'êtes jamais sorti de l'université, qui êtes simplement passés du statut de l'auditeur à l'orateur, que connaissez vous du monde du travail? Je vous comprend, ce n'est pas facile d'être un intellectuel tous les jours. Alors tentez de me comprendre à votre tour.

Je n'ai plus foi en la méritocratie, et ne suis pas sûre que votre diplôme m'aidera à trouver un vrai boulot, devenir riche et utile. Mais ça peut toujours aider. En espérant que vous aurez apprécié ma franchise (même si ce n'est pas la principale qualité requise en matière de science politique). 
Ci-joint mon CV qui dit aussi la vérité (ne vous focalisez pas sur la photo, je ne suis pas qu'un physique).»

Je suis sûre que cette candidature retiendrait leur attention.

samedi 25 avril 2009

25.04.2009


Visite de Cambridge.

Je suis partie de King's Cross Station. Non pas sur le quai 9 ¾ qui mène au lycée Poudlard mais d'un quai quelconque. On a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.

Au moins, on avait presque la chance de notre côté, le temps n'était pas trop pourri (après la pluie, le beau temps. Enfin une maxime qui dit la vérité) et Séverine avait même sorti ses nu pieds. Moi, prudente, j'avais mon parapluie.

Je m'attendais à trouver une ville peuplée de l'élite du monde. Et bizarrement, j'imaginais l'étudiant lambda de Cambridge comme un geek à lunettes, un peu autiste sur les bords (si on ne l'est pas, on le devient vite après de longues heures passées dans la pénombre d'une bibliothèque). En réalité, la future élite du monde est tout ce qu'il y a de plus banal.

J'ai même vu des diplômés qui fêtaient ça, avec le costume qui va avec, les parents fiers de leur progéniture. Et la photo sur le gazon trop vert pour être vrai. Tout ça pour dire que Cambridge, c'est rock'n roll: une fois le diplôme en poche, on ne respecte plus les règles, on ignore les panneaux « pelouse interdite » pour aller prendre la pose en compagnie de papa-maman.

Etudier à Cambridge, ça doit être une expérience.

Nous nous sommes contentées de visiter quelques collèges. En particulier, King's collège et St John's. Je ne me lasse pas de l'architecture gothique anglaise.

Entre les parcs, les collèges et les églises de la ville, serpente un fleuve. Le canotage constitue une des attractions majeures. Ce n'était pas des gondoles, mais on se serait presque crues à Venise. Et the bridge of sighs ressemble étrangement au pont des soupirs (version ritale).

J'ai vraiment aimé découvrir ce que peut être une ville-campus anglaise. Les ruelles, les marchés, la nature presque sauvage, tout semble teinté de ce charme provincial qui manque à Londres. On deviendrait presque débile à force de vivre en ville, et tel le parisien qui s'émerveille au salon de l'agriculture, la vue de champs et de chevaux depuis le train vous rend simplement heureux.

*Hier:

Un client du pub m'a donné une pièce canadienne par erreur. Une pièce de 25 cents qui ressemble aux 10 centimes de pounds. Sauf que dessus, le portrait d'un caribou remplace celui de la reine...

J'ai découvert que les anglais avaient leur sangria. On appelle ça un « dressed pimm's ». La recette: Pimm's (alcool traitre qui ne semble pas alcoolisé), limonade, menthe fraîche et tous les fruits frais qu'on peut trouver (concombre inclus). Le pimm's se boit tellement facilement dès les premiers rayons de soleil qu'on ne compte pas une pinte par personne mais un pichet (véridique).

jeudi 23 avril 2009

23.04.2009


J'ai enfin eu l'explication à cette intrusion policière dans notre appartement. Les flics cherchaient en fait Ijazz mon ex coloc Pakistanais. Visiblement, l'asile politique lui aurait été refusé (ce qui m'étonne sachant qu'il est issu d'une minorité qui se fait massacrer) mais j'imagine qu'il a mal du remplir le formulaire.

Bref, Ijazz est désormais recherché. Il a un faux passeport Suèdois (pourquoi pas, même s'il n'a pas vraiment le physique qui va avec). Et il a présenté cette fausse pièce d'identité au job center (équivalent de l'ANPE). Il s'est jeté dans la gueule du loup en somme.

Sinon, samedi je visite Cambridge. Ce fût difficile de se décider, y a tellement d'endroits à découvrir...

En face de ma fenêtre, les préfabriqués moches et inhabités ont été reconvertis depuis peu en garage pakistanais. Les tas de pneus, c'est idyllique comme vue

mercredi 22 avril 2009

22.04.2009


Il fait beau et je suis enfin allée me poser dans l'herbe du parc d'à côté. Ce n'était pas arrivé depuis des mois; depuis octobre en fait. Les oiseaux chantent, les écureuils gambadent et des mecs au torse laiteux jouent au rugby.

J'ai acheté mon guide touristique pour le Canada et vais pouvoir commencer à me mettre dans l'ambiance. Je pense que là-bas je vais être la reine du pétrole vu le taux de change: 1£ = 1.8$ canadien.

Ce matin j'ai vu un couple de vieux qui prenaient un café en terrasse avec leur animal de compagnie atypique: un perroquet. Je me suis dit que vu l'espérance de vie de ces oiseaux, il s'agissait d'un bon choix pour tous les frustrés affectifs.

J'ai imprimé plein de dossiers d'inscription à des master. Je déteste remplir les formulaires. Ils demandent tous une réponse accompagnée de pièces jointes telles que des enveloppes de tailles différentes. Sauf que les formats qu'ils veulent n'existent même pas en Angleterre. Et je suis sûre qu'une enveloppe au format non règlementaire est un motif suffisant à recaler un candidat.

Heureusement, j'ai une tablette de 230g de chocolat, vendue à moins de 2£.